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Cérémonie de Remise de la Légion d'honneur à Marie-Odile Idrac (13 janvier 2012)
Cérémonie de Remise de la Légion d'honneur à Marie-Odile Idrac par Anne-Marie Idrac (13 janvier 2012)
Une cérémonie chaleureuse et festive pour célébrer le parcours professionnel de Marie Odile IDRAC.
Une cérémonie familiale puisque notre directrice recevait cette distinction des mains de sa belle sœur Anne Marie Idrac, ancien ministre et ancien député.
Didier Alix, Président du conseil d’administration a ouvert la cérémonie en remerciant Marie-Odile IDRAC pour son engagement professionnel et en rappelant que cet honneur rejaillissait aussi sur Saint-Jean de Passy.
Claude Goasguen, Recteur, ancien ministre et député maire du 16ème l’a clôturée, en soulignant son admiration pour le travail effectué par les paroisses envers les plus démunis, pour la qualité de l’enseignement des établissements catholiques.
Allocution de Madame Anne-Marie IDRAC
Chère Marie Odile,
Je voudrais d’abord te redire à quel point tu m’as touchée en me demandant d’être ta marraine dans l’ordre de la Légion d’Honneur, lien supplémentaire, s’il en était besoin, parmi tous ceux qui nous unissent si affectueusement depuis près de 40 ans , et unissent nos familles
Côme et Cloud ; Sybille, Anne-Cécile, Charles-Antoine, Marguerite, Agathe et mes 4 filles ; déjà ou bientôt nos petits-enfants.
C’est ton parcours d’éducatrice, qui te vaut la Légion d’Honneur et réunit ce soir ta communauté professionnelle, ta nombreuse famille, et tes amis.
Mais ce parcours est, plus que tout autre, indissociable de ton extraordinaire rayonnement personnel.
Mère de famille attentionnée, organisatrice généreuse de solidarités tous azimuts, (comme si 5 enfants dans l’Espace et autour de la table ne suffisait pas ….), maitresse de maison accueillante et chaleureuse à Paris ou Poitiers, accompagnatrice fidèle pour les temps difficiles comme les moments heureux, tu es une référence, une force, une clarté dans la vie de tes proches.
Ces mêmes attitudes caractérisent ta réussite professionnelle, selon tous les témoignages que j’en ai reçus au fil des années.
Avant comme il se doit de relater ta carrière, je voudrais donc me faire le porte-parole de tous ceux qui à un titre ou un autre, ont la chance de te connaître ; tous emploient à ton sujet les mêmes mots reconnaissants, en 3 thèmes récurrents :
-ton sens exceptionnel de l’écoute et de l’accueil,
-ton don unique de créer des liens simples et authentiques,
-ta capacité rare à donner espoir et confiance.
J’en viens donc plus officiellement au cursus de Marie Odile
Tes études ont été en 2 étapes :
*d’abord une licence d’histoire géographie en 1971, et le diplôme de Sciences-Po Paris, section relations internationales en 1974, année de ton mariage
*puis l’obtention, en 1998 et 2002 des titres nécessaires pour l’accès aux responsabilités de direction auxquelles tu aspirais légitimement, avec pour sujet de ta maîtrise d’histoire en 2002 « Alexandre Parodi un diplomate de la guerre froide ».
Activité professionnelle : d’abord les faits en 3 phases : Fénelon, Sion, et désormais Saint Jean de Passy
* Hormis to passage, d’Avril 1975 à septembre 1978 sur un poste d’Attachée au Cabinet du Directeur Départemental de l’Équipement du Val de Marne, c’est bien sûr dans l’enseignement catholique que tu as développé ta vocation .
Encore se souvient-on dans la famille qu’au moment de franchir le pas du professorat, à Nogent sur Marne, ce qui avait beaucoup d’avantages pratiques pour la jeune mère de famille que tu étais déjà , tu de demandais à voix haute si tu aurais « vraiment envie d’enseigner « ; on connait la suite …
* les premières armes, tu les as faites comme professeur d’histoire géographie à Institut Montalembert de Nogent sur Marne puis à Fénelon Sainte Marie.
*puis ce fut la progression des responsabilités à Fénelon Sainte Marie, où tu auras travaillé au total 21 ans (78-99): Responsable de la division des secondes (8 classes), puis Directrice des Études du collège, 30 classes, 1000 élèves.
*1999 / 2009, ton premier poste de numéro 1 qui au départ, je m’en souviens, t’angoissait quelque peu : directrice générale de l’ensemble scolaire Notre-Dame de Sion : parmi tes succès, je citerai
* Depuis septembre 2009, tu es directrice générale de Saint-Jean de Passy, où tu as déjà notamment travaillé
-Mais surtout au développement de l’établissement et à l’enrichissement de sa vocation éducative par l’intégration du collège Notre-Dame de Grâce de Passy spécialisé dans l’accueil des élèves devant renouer avec la réussite: fusion économique au 1er septembre 2010, fusion académique au 1er septembre 2011. Tu entends garantir le maintien de l’exigence absolue de qualité de l’enseignement et du haut niveau de performance de cet établissement prestigieux de 16ème arrondissement de Paris, tout en lui donnant un nouvel essor par l’ouverture à la différence et en proposant aux familles des parcours adaptés aux besoins de leurs enfants .
A cela s’ajoutent tes activités syndicales et associatives dans l’enseignement libre, témoignant de ton ouverture et de ton sens de l’intérêt général
- Ton action pédagogique est guidée par trois lignes de force :
* 1)l’ouverture culturelle et internationale, deux exemples
. La mise en place très précoce de partenariats avec des établissements étrangers pour favoriser la connaissance mutuelle, le développement linguistique, allant de pair avec tes propres voyages et un don des langues bien plus développé que tu ne veux l’admettre,
. La poursuite du partenariat éducatif avec la maîtrise de la cathédrale de Paris dont le collège scolarise les chanteurs en horaires aménagés. Sans parler de ton goût pour personnel, qu’il nous arrive de partager avec bonheur, pour des lectures éclectiques et toutes les activités culturelles, incluant le cirque ...
*2) la volonté de faire évoluer les structures pédagogiques :
Outre la modification stratégique déjà évoquée de la structure de Saint-Jean de Passy, tu avais à Sion procédé à l’ouverture d’une classe supplémentaire par niveau au collège, et à la Fermeture du BTS commerce international, transféré au lycée technologique Carcado-Saisseval. Dans les deux cas, ton souci était d’assurer la cohérence du projet pédagogique, et dès lors la meilleure qualité de l’enseignement au service des élèves.
En progressant dans ta carrière, tu as affirmé ta capacité à concilier ton tempérament aimable , qui ne ferait pas de mal à une mouche, et l’ autorité , le sens de la décision qu’impliquent les responsabilités de Directrice .
*3)Plus significative encore est la ligne de force qui te fait allier respect de la tradition et ouverture à la modernité, ce qui te caractérise aussi, là encore, au plan personnel (comme cela est le cas de Côme, qui a toujours une longueur d’avance pour découvrir de nouvelles applications numériques permettant entre autres de relier histoire et géographie ….).
Enracinée dans de fortes convictions qui te viennent de ta famille d’ingénieurs et de militaires, préoccupée par la question de la transmission au cœur de ta vocation, à la recherche de codes lisibles pour les jeunes dans ce monde ouvert et souvent déconcertant, tu choisis d’aller de l’avant avec une grande liberté d’allure.
Par exemple, je voudrais souligner ton intérêt pour les nouvelles technologies ; tu es intarissable sur les vidéo projecteurs, les tableaux interactifs ou l’utilisation obligatoire du cahier de texte numérique…
Sans méconnaître les interrogations que cela suscite, tu y vois moins une menace pour le métier de l’enseignant qu’une opportunité, à travers la diversification des supports et des matériaux pédagogiques et un moyen de mettre en relation les personnes, les équipes et les établissements. Tout en répondant bien sûr au besoin des jeunes générations en la matière.
-Ce parcours riche et cohérent, ces réussites et celles de tes anciens élèves suffiraient à légitimer la décoration que je vais te remettre, comme cela avait déjà été le cas de ton ruban de Chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques en 2007 …
Mais le plus essentiel est le sens que tu donnes à tout cela :
Un Wikileaks familial m’a donné accès aux propos que tu as tenus lors de la dernière rentrée à Saint Jean ; ils sont « stupéfiants » et « magiques «, pour utiliser deux adjectifs que tu emploies toi-même souvent : on y trouve l’expression des valeurs que tu mets en œuvre dans toute ta vie au quotidien , et une réflexion très profonde , qui va bien au-delà des questions d’éducation proprement dites :
.C’est ce que tu appelles « l’espérance éducative », ton espérance en l’être humain
.C’est ta conviction que tout élève peut progresser et réussir, dans la diversité de ses aptitudes. Conviction que tu appliques aussi aux adultes.
.C’est l’exigence pour les éducateurs, mais pas seulement pour eux, de développer une démarche de confiance.
Au-delà de l’application des multiples réformes législatives et règlementaires de l’enseignement, tu proposes l’audace d’emprunter sans cesse de nouveaux chemins.
Tu mets le cap sur l’exploration éducative pour entreprendre, échanger, adopter une attitude qui invite chaque élève à donner le meilleur de lui-même.
La personnalisation des parcours scolaires, objet d’innombrables circulaires, c’est pour toi d’abord donner l’appétence et le goût d’apprendre, valoriser toutes les compétences, susciter l’initiative des élèves.
Aux parents tu proposes de les aider à » enfanter les jeunes à la liberté humaine et chrétienne » : Pour toi , l’éducation n’est pas la simple transmission des mœurs de la famille ou du milieu, ni même le seul apprentissage d’un certain nombre de règles de conduites. Elle est l’éveil d’une liberté qui ne peut se construire que dans une relation d’amour et de confiance.
Cette inspiration trouve sa source dans ta réflexion sur la culture religieuse , ton souci de donner sens à notre patrimoine religieux, et dans ta foi dont la force de conviction impressionne , sans que tu en fasses trop à l’égard de ceux qui doutent davantage.
Chère Marie Odile,
J’ai cherché un défaut, un bémol, dans tous ces accomplissements ; je n’en ai trouvé qu’un : tes capacités sportives s’arrêtent à la piscine, un affectueux taquin m’a même dit « au bord de la piscine « ….
Tu fais honneur au monde enseignant ; tu fais le bonheur des tiens ; nous sommes fiers et heureux d’être à tes côtés.
Marie Odile de Corta,
Au nom du Président de la République, et en vertu des pouvoirs qui nous sont conférés, nous vous faisons Chevalier dans l’Ordre National de la Légion d’Honneur.
Réponse de Marie-Odile IDRAC, Directrice de Saint-Jean de Passy
Anne Marie,
Quel bonheur :
• recevoir de tes mains les insignes de chevalier de la Légion d’Honneur ;
• être parrainée par une belle sœur aimée, avec qui je partageais tant de souvenirs familiaux et qui soudainement surgit à un instant très solennel de ma vie professionnelle
• être décorée par une femme dont la carrière fut toujours au service de l’Etat et qui a assumé des responsabilités nationales.
Il me plait de rappeler que tu as exercé les plus fautes fonctions en étant ministre et député, et que tu as aussi dirigé des sociétés aussi prestigieuses que la RATP et la SNCF tout en accordant toute ton attention à ta famille et à tes quatre filles.
Anne Marie, je suis touchée par tes paroles d’affection déclinées avec sensibilité, et qui traduisent l’estime et l’émerveillement réciproque qui enchante nos vies depuis tant d’années.
Claude Goasguen,
Vous qui êtes aussi ancien ministre ; ancien recteur, vous êtes le député maire du 16ème arrondissement et vous représentez aussi la république qui honore un chef d’établissement.
Vous êtes un ami de Saint-Jean de Passy dont nous apprécions le soutien indéfectible et la présence permanente à nos cotés.
Je suis convaincue que cette distinction célèbre aussi l’engagement de ceux qui m’entourent et je la reçois comme un honneur que je partage avec eux :
ceux de St Jean
de Fénelon et
de Notre-Dame de Sion
Saint-Jean de Passy
Merci Didier Alix de m’avoir fait confiance et d’avoir osé être le premier à prendre le risque de mettre une femme à la tête de Saint-Jean de Passy dirigé depuis 170 ans par des civils ou religieux de grande qualité et qui tous étaient des hommes .
Avec tous les membres du conseil d’administration, vous me faites bénéficier d’une « assistance rapprochée » et vous écoutez mes interrogations.
Vous m’avez demandé de maintenir l’établissement à la hauteur de sa réputation, et vous m’avez demandé aussi de conduire le rapprochement avec le collège Notre-Dame de Grâce.
Ce n’était en rien contradictoire, mais c’était – disons le mot -- audacieux
Dans cet univers masculin et policé du 16ème arrondissement j’ai été accueillie avec délicatesse, et j’ai découvert une réalité éducative forte de traditions et d’innovation.
• Tradition : c’est ce qu’on appelle ici « l’esprit de Saint-Jean »
Il n’y a pas de définition pour décrire cet état, comme s’il y avait, selon certains, un Esprit Saint volant au dessus de la colline de Passy.
Il y a d’abord une longue expérience d’une communauté au service d’une mission qui valorise le travail, le sens de l’effort, l’exigence, la rigueur
- pour en tirer plaisir, atteindre la joie et la partager avec ses compagnons de route
- plaisir intellectuel et dépassement de soi se vivent dans l’amitié, le respect et le souci de l’autre.
C’est la devise de Saint-Jean de Passy « labor et dilectio »
- qui s’exprime dans nos actes quotidiens,
- dans le caractère quasi familial de l’établissement qui ne s’est jamais démenti. En son temps c’est la société anonyme des pères de familles qui a relevé le pensionnat de passy après le départ des frères des écoles chrétiennes.
- Depuis lors les familles manifestent un engagement fort à l’établissement balisé tous les ans par la fête des familles.
Chers parents, l’institution est le reflet de votre confiance et de vos attentes par les effets d’une interactivité permanente
• Innovation : c’est une mixité originale
Qui constitue une des réalités fortes pour lesquelles les familles choisissent notre établissement.
Saint-Jean de Passy a longtemps vécu comme un bastion masculin au milieu d’un environnement scolaire fortement imprégné par les revendications féministes de l’après 68 poussant à une mixité idéologique tenue pour seule garante de la parité et de l’égalité sexuelle.
- Pédagogiquement, le principe retenu par Monseigneur Chauvet Supérieur Général et Régis de la Rivière mon prédécesseur a été de repenser la structure du collège et de créer, à coté des classes de garçons, 2 classes de filles; d’admettre que les filles et les garçons évoluent selon des rythmes différents.
A notre échelle nous participons à la construction de la personnalité sexuée des jeunes qui nous sont confiés en valorisant leurs différences afin qu’ils s’enrichissent mutuellement de leurs qualités intrinsèques.
• Tradition : une présence ecclésiale forte
Nous avons des liens privilégiés avec le diocèse, et nous célébrons cette année le centenaire du rattachement de Saint-Jean de Passy au diocèse. Ils se traduisent par la présence de deux aumôniers dont un aumônier général, l’Abbé Seguin sans oublier l’accompagnement du Curé de la paroisse Notre-Dame de Grâce de Passy.
- La figure du prêtre est ici reconnue comme primordiale, sa place familière, naturelle son action traverse l’espace scolaire.
- Une chance inouïe pour nos élèves et pour toute la communauté, un creuset pour susciter les vocations sacerdotales.
• Innovation : l’intégration du collège Notre-Dame de Grâce de Passy
Elle est effective depuis cette rentrée :
Ma volonté d’aboutir a sans cesse été guidée par ma conviction profonde
- que le collège Notre-Dame de Grâce faisait un travail indispensable d’accueil des élèves devant renouer avec la réussite.
- que Saint-Jean de Passy avait le devoir moral de prendre en charge ce collège
- et aussi que nous y trouverions notre compte en enrichissant notre expérience et notre vocation.
Le défi a été de taille, les obstacles nombreux mais j’y ai toujours cru et j’ai toujours pensé qu’il fallait agir vite pour ne pas risquer d’échouer.
Je n’ai pu réussir qu’avec la confiance et le soutien :
- de Didier Alix président du conseil et de Frédéric Gautier directeur diocésain
- du comité de pilotage et en particulier de Didier Fauchier Magnant qui bien des fois a trouvé les solutions adéquates pour dénouer les crises
- Et de toi Martine Roulleaux, directrice des lieux ; qui a porté ce projet et comme nous y a cru.
L’expérience a été décapante et passionnante et ce n’est pas fini.
Nous devons faire preuve d’intelligence et de discernement
- pour mieux nous adapter au profil des élèves que nous scolarisons
- et mieux définir notre cible éducative : être pour les familles du quartier une alternative de confiance et de qualité pour les élèves qui ont besoin d’être rassurés et mis en confiance pour déployer tous leurs talents.
Tradition : ce sont les résultats qui traduisent le formidable travail accompli par les enseignants et les éducateurs :
- 100% de mention au bac,
- la moitié des bacheliers, cette année avec la mention très bien,
- de très bons résultats en prépa : régulièrement 1/3 de nos élèves intègrent l’une des 3 parisiennes
Une fierté pour tous ;
L’exigence de nos enseignants fait de nos élèves des candidats performants et heureux.
Une réputation méritée mais perpétuellement à confirmer
Et qui se vit au quotidien par une intense collaboration entre les équipes enseignantes et les personnels d’encadrements et de direction : surveillants principaux, préfets, directeurs des études et bien sur les parents d’élèves.
Fénelon Sainte Marie
J’ai été marquée à Fénelon par les deux très fortes personnalités des directeurs Daniel Lemoine puis Isabel Jubin.
Daniel,
Vous m’avez proposé un poste que j’ai du refuser deux ans de suite puisque j’étais enceinte.
Vous avez eu la délicatesse de m’attendre, vous m’avez convaincue et j’ai pris mes fonctions de responsable des 8 classes de seconde avec 5 enfants dont 2 nouveaux nés de 6 et 15 mois :
Il fallait y croire ! et vous m’avez encouragé, accompagné et soutenu.
C’est à votre contact que j’ai découvert le métier de cadre éducatif, une passion qui n’a cessé de grandir.
Isabel avec vous les souvenirs se mêlent,
- il y a le chef d’établissement de Fénelon Sainte Marie qui m’a coaché, formé, bousculé, dynamisé.
- Avec vous j’ai appris à travailler en équipe, à découvrir la richesse des personnalités avec qui je collaborais, à monter des projets, à aller vite, très vite pour agir non dans la précipitation mais dans la réactivité;
- il y a l’amie intime et fidèle avec qui je partage des liens enracinés dans l’affection et la tendresse, qui fait partie de ma vie depuis 20 ans.
Notre-Dame de Sion
Monseigneur Breton, vous étiez alors directeur diocésain (vous aviez aussi été supérieur général de Saint-Jean de Passy) ; et vous m’avez donné cette joie de diriger le seul internat de jeunes filles à Paris.
Une aventure humaine.
- Car au delà de la fonction de Chef d’Etablissement il fallait répondre à la demande des jeunes filles coupées de leurs familles Comme j’ai aimé ce travail d’accompagnement que nous avons mené avec les responsables en place.
- C’est à Notre-Dame de Sion que j’ai constaté à quel point le travail d’équipe devenait indispensable à la bonne marche de l’établissement
- Il y a eu aussi la découverte du charisme de la congrégation Notre-Dame de Sion :
• Une éducation qui affirme la richesse et l’estime des différences par l’accueil des élèves dans le respect de leurs traditions culturelles et religieuses
• Une pastorale qui aide les chrétiens à prendre conscience des sources juives de leur foi
• Des actions pour oeuvrer au rapprochement des communautés juives et chrétiennes.
J’ai eu l’honneur de me voir confier pour l’établissement et par la congrégation la médaille des justes attribuée à titre posthume à Sœur Gabrielle de Linarès.
Responsable de l’internat. Elle avait caché et très certainement sauvé près de 50 jeunes filles juives au pensionnat durant la guerre.
Un modèle d’engagement et de courage pour nous éducateurs
Je remercie sœur Dominique de la Maisonneuve, sœur Louise Marie de m’avoir introduite dans la grande famille de Sion.
Cet honneur revient aussi à l’enseignement catholique
C’est l’enseignement catholique qui m’a porté, je m’y suis épanouie et j’y ai été heureuse.
Et on réussit parce qu’on est heureux.
Et dans toutes ces fonctions j’ai trouvé le bonheur
- Le bonheur d’être enseignant, au coté des élèves, de transmettre un savoir de voir progresser toute une classe.
- Le bonheur d’être cadre éducatif, de recevoir des parents, de trouver avec eux des stratégies, de surmonter les épreuves, de dédramatiser les échecs, de révéler les talents ;
- Le bonheur d’être directrice, d’animer et de fédérer les équipes, d’insuffler des idées, d’organiser le changement, de bâtir pour l’avenir….
Ce bonheur tous les chefs d’établissement le connaissent, même s’ils éprouvent aussi l’inquiétude, la peine, la douleur des familles qu’ils portent dans leur coeur.
- C’est ce métier, certains diront cette vocation qui est honoré au delà de ma personne.
- Ce sont les chefs d’établissement, qui sont reconnus dans leur engagement civique et dans leur engagement d’Eglise au service de l’éducation de la jeunesse.
- C’est la direction diocésaine et Frédéric Gautier, son directeur, qui nous connaît d’autant mieux qu’il a été ici jeune préfet, qui fédère, forme, soutient tous les chefs d’établissements parisiens
Benoit XVI disait cet été aux universitaires à Madrid d’être pour les jeunes un engagement et une force ! Et c’est ce qui me fait courir :
- L’engagement je le vis au nom de ma vocation baptismale : vivre en relation dans le mystère et l’émerveillement de la rencontre
- La force je la puise dans la communauté : les parents, les enseignants et tous les éducateurs autour du projet de l’établissement qui nous fédère.
Cet itinéraire est aussi le fruit d’une histoire personnelle
Je rends grâce du trésor familial qui est le notre.
Ce trésor a été bâti par mes parents qui n’ont eu de cesse de nous reconnaître dans nos différences, et nous étions 7, et aussi d’accueillir à la maison une multitude de cousins, d’amis, qui partageaient nos vacances, ou notre quotidien.
Ils nous ont fait vivre dans l’admiration
- de mes deux grands parents Charles et Elisabeth de Corta arrêtés à leur domicile rue de Grenelle pour avoir animé un réseau franco polonais et jamais revenus de Buchenwald, et de Ravensbrück,
- de la carrière militaire : celle du Général de Corps d’Armée Renaud de Corta, compagnon de la libération, grand officier de la légion d’honneur, frère de papa, carrière qui est celle aussi de mon frère Général que ceux de l’ADREP connaissent bien.
- de la carrière d’ingénieur : qui était celle de papa, de son père, et de deux de mes frères
Ils nous ont transmis le sens de la famille et du devoir, du devoir d’état qui du reste incluait pour eux l’enracinement et l’engagement chrétien.
Et puis il y a le plus intime, la rencontre avec Côme depuis nos études à Sciences Po
Je puise chez lui une partie de ma force et de mon équilibre, et surtout je m’émerveille toujours de sa délicatesse, de sa curiosité et de son enthousiasme, de sa jeunesse d’esprit.
Il est mon meilleur avocat
Il est mon plus fidèle soutien.
Ce que nous avons fait de mieux ce sont nos 5 enfants, leur épanouissement personnel et professionnel est notre joie.
Merci à tous d’être venus m’entourer, merci à tous ceux de Saint-Jean de Passy : parents, enseignants, aumôniers, préfets, directeurs des études, directrices, directeur adjoint. C’est Jean-Christophe Pérardel, Directeur Administratif et Financier qui a organisé cette soirée, il est assisté ce soir des élèves délégués de seconde qui vous ont accueilli.

