Hommages à Charles OBERT - PIKETTY

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Téléchargez l'homélie de l'abbé Guillaume Seguin pour les obsèques de Charles Piketty (9 novembre 2012)

Téléchargez le discours de Philippe Meyer lu lors des obsèques (9 novembre 2012)

Téléchargez l'hommage d'Arthur Maximin (TES01 et en Prépa Sciences Po) lu le 12 novembre 2012

Téléchargez l'hommage de Vincent Malapert (11ES) , Elvire Sidos (14S) et Chloé Cerf (12ES) lu à la messe du 22 novembre 2012

Téléchargez l'hommage de Guillaume Chomette (22 novembre 2012)

Téléchargez l'hommage de Patrice Obert, le papa de Charles, lu lors de la messe du 22 novembre 2012

Téléchargez l'hommage de la Promo 2012

Téléchargez l'hommage des élèves de Terminale - Prépa Sciences Po - Promo 2013

Mes très chers élèves,

Nous faisons ensemble l’expérience de notre faiblesse et de notre vulnérabilité - nous avons tous le cœur serré, habité par une immense douleur.

Charles Piketty, professeur d’histoire à Saint-Jean de Passy depuis 2010 a été victime à 31 ans d’une hémorragie cérébrale dans la nuit du 30 octobre. 

Vous étiez tous déjà partis en vacances, mais nous l’avions croisé dans la matinée, il était venu corriger ses copies et  préparer ses cours pour les élèves de terminale et de première qui devaient être en formation avec lui la deuxième semaine des vacances. 

Plongé dans un coma profond, il est décédé à l’hôpital, dimanche 4 novembre, jour de la fête de son saint patron, Charles Borromée,  entouré de ses amis et de sa famille, après avoir reçu les derniers  sacrements administrés par l’abbé Seguin. 

Ses obsèques ont eu lieu vendredi 9 novembre à Saint Louis en L’Ile, jour anniversaire de la mort du Général de Gaulle qu’il admirait  tant. 

Il m’avait écrit en juin 2010 pour me proposer sa candidature. 

Titulaire d’une maîtrise d’histoire, diplômé de sciences po Paris,, après une expérience stimulante dans le secteur privé, et comme attaché parlementaire, il souhaitait revenir à sa passion initiale : l’histoire et l’enseignement. 

L’éducation était au centre de ses préoccupations, et c’est pour l’éducation qu’il s’était aussi engagé en politique.  

Un parcours atypique et brillant qu’il a spontanément mis au service de Saint-Jean de Passy. 

Nous avons avec lui imaginé et bâti des projets, pour toujours mieux répondre aux attentes de ses élèves : 

  • Module de préparation au concours  de Sciences Po qui lui tenait particulièrement à cœur 
  • Module de formation à l’enseignement supérieur pour les élèves de première. 
  • Petits déjeuners en anglais
  • Cafés d’actualité
  • Concours d’éloquence
  • Conférences de personnalités
  • Et beaucoup d’autres idées à venir que j’attendais avec curiosité. 

La réussite de ses élèves était pour lui essentielle. Si vous saviez combien de fois il a imaginé des stratégies pour mieux vous aider à déployer vos talents, pour vous mener  au succès. Il était incapable de compter son temps et sa disponibilité était totale, à votre service.  J’ai pu l’observer sur le terrain avec ses élèves de première qui passaient le bac, avec les terminales qui préparaient sciences Po. Une présence active et efficace, un engagement total. Et quelle joie palpable au moment des résultats. 

Lors de notre dernier entretien d’évaluation, il m’avouait  être heureux à Saint-Jean de Passy, il me disait y avoir rencontré, 

  • une famille et 
  • une famille d’esprit, 
  • un accompagnement spirituel fort ; 
  • il me disait que sa passion de transmettre se confirmait 
  • que le cadre de Saint Jean était pour lui idéal, 
  • et qu’il était heureux de percevoir l’évolution et la progression de ses élèves

Selon ses termes, une année de révélation

Il s’est pour nous engagé de toute sa personne, avec passion, spontanéité, exigence. Il nous a bousculé, par son allant ; sa faconde,  ses idées qui faisaient bouger les lignes et ne rentraient pas forcément dans les codes classiques de l’éducation. Il vous a suivi avec attention, celle du cœur qui accompagne avec tout son être et sa disponibilité. 

Il vous a beaucoup aimé chers élèves : ses amis, ses parents, ses sœurs me l’ont confirmés. Vous étiez au cœur de ses préoccupations et de ses interrogations.  Il vous a transmis le meilleur des grandes figures de l’histoire, dans un souci d’exigence et d’exemplarité ; parce qu’il voulait aussi vous transmettre l’amour de sa patrie, sa passion pour les grands auteurs classiques, sa passion pour les mots, pour l’expression. 

Un homme libre et exigeant parce qu’il « n’y a pas de bonheur sans liberté et de liberté sans vaillance » comme il le rappelait si souvent selon l’expression de Thucydide, que j’ai trouvée maintes fois citée dans les copies que j’ai corrigées pour lui cette semaine. 

Merci Charles, nous avons beaucoup reçu de vous et nous en rendons grâce !

Votre  disparition nous surprend et nous interroge ; vous étiez sur le point de prendre d’autres engagements qui allaient éclairer votre vie. 

II faut continuer, nous allons continuer sans vous,  mais avec vous, votre  présence est dans nos cœurs.

Nous avons besoin les uns des autres pour reconnaître Dieu comme un Père aimant, qui prend soin, de vous,  et de nous.

 

Marie-Odile IDRAC
Le 12 novembre 2012