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En 2011-2012
II : Les comédiens au Lycée Saint-Jean de Passy
(18 novembre 2011)
Les élèves racontent…
Trois jours après, nous avons, à notre tour, accueilli, au lycée, le metteur en scène, Thomas le Douarec, les acteurs, Patrick Préjean (John Emery Rockefeller), Charles Clément (Œil de Lynx, Œil de Perdrix et Tom) et Philippe Maymat (Carlos). C’est avec une immense gentillesse que tous quatre nous ont donné de leur temps et de leur présence pour partager avec nous sur leur métier mais aussi sur ce qu’est le théâtre, en tant que genre littéraire et sur la vie même, les choix que chacun doit y faire.
Nous avons noté avec intérêt que les parcours de ces hommes étaient très différents : passionné de théâtre depuis… la classe de Seconde !, fils d’acteur, ancien ébéniste ou sorti de Sciences Po. Tous nous ont présenté leur métier comme une passion, un bonheur mais nous avons aussi parlé du statut d’intermittent du spectacle et compris que le théâtre, c’était aussi beaucoup de travail. En somme Labor et Dilectio ! Nous avons évoqué la variété des activités de chacun et nous avons énormément apprécié lorsque Patrick Préjean, la voix de nombreux personnages de dessin animé, s’est présenté en tant que Sylvestre, de Titi et Grosminet et a eu un mal fou à prononcer le nom de notre lycée avec tous ses « s ».
Thomas le Douarec nous a dit la chance qu’il avait eu de pouvoir travailler avec l’auteur lui-même, René de Obaldia. Il a également évoqué le fait qu’au-delà de la coopération, de l’échange créatif entre auteur et metteur en scène, il ne fallait pas oublier l’existence d’une pluralité de lectures. Il nous a rappelé qu’il en va de même pour d’autres formes artistiques, l’auteur n’est pas le seul détenteur du sens. Nous avons souri à l’image des lasagnes qui a été prise pour nous expliquer les couches superposées au théâtre.
Enfin, les artistes étaient là aussi en tant qu’hommes et nous ont expliqué que faire du théâtre, c’est philosopher, que quoi que nous décidions de faire dans nos vies, il fallait qu’il y ait la joie, l’amour, que ça ait un sens, que, comme eux, on ait envie de remercier la vie, chaque jour.
I: Les Seconde au théâtre du Ranelagh
(15 novembre 2011)
Les élèves racontent…
Le mardi 15 novembre 2011, la division de seconde, pleine d’enthousiasme, s’est rendue au théâtre afin d’assister à la représentation de la pièce de René de Obaldia, Du Vent dans les branches de sassafras. Le chemin n’a pas été trop long, en deux temps trois mouvements, à la suite de Madame Martin-Taranger, accompagnés de nos professeurs de français et sous la bienveillance du Préfet des Secondes, Monsieur Régnier, nous avons investi cet extraordinaire bâtiment voisin du nôtre : le Théâtre du Ranelagh.
Nous avons été charmés par le bon accueil fait à notre lycée par Karine Thomassin, en charge des relations publiques du théâtre, et par la beauté du lieu. Au foyer, nous avons apprécié des citations de l’auteur, René de Obaldia, accrochées au mur, premier aperçu de l’humour fantaisiste du poète dramaturge : Un seul hêtre vous manque et tout est peuplier, par exemple.
La pièce a commencé lorsqu’un Indien a sauté sur la scène en passant par-dessus Margaux et qu’un cow-boy a entamé une chanson de blues. Le ton était donné. La pièce mise en scène par le très talentueux Thomas le Douarec, que certains d’entre nous connaissaient déjà, notamment pour son Cid, version flamenca, nous a emportés dans un incroyable souffle, vent dans les branches de sassafras, tourbillon d’action, de musique et de drôlerie.
Les acteurs débordant d’énergie nous ont captivés pendant plus de deux heures nous transmettant une extraordinaire joie de vivre. Leur jeu, pourtant très physique (attaques répétées des Indiens) et très intellectuel (long poème) paraissait facile, comme un jeu d’enfants. Bravo les artistes ! Merci de nous avoir beaucoup fait rire et de nous avoir, dans la prodigieuse vivacité spirituelle de René de Obaldia, tenu en éveil du début à la fin. Nous avons ainsi découvert une ambiance théâtrale dont nous ne nous étions pas doutés en étudiant Dom Juan, Phèdre et Tartuffe en classe ! Pourtant, la mise en scène de Thomas le Douarec nous a dit quelque chose des comédies-ballets de Molière, la fougue des acteurs nous a parlé du jeu de La Grange, les quelques poltronneries du docteur Butler ont mis en mouvement pour nous les pirouettes de Sganarelle, l’annonce du massacre de la famille Rockefeller a fait résonner à nos oreilles la malédiction de la fille de Minos et de Pasiphaé.
En somme, ce que nous avons bien compris et que nous a dit un acteur lors du salut, en nous remerciant d’avoir été un public attentif et vivant, c’est que le théâtre, c’est de l’humain.

