Edito pour la 1ere semaine de Saint-Jean Hors-les-Murs

Seigneur que ce Carême est éprouvant !

Seigneur, que ce Carême est éprouvant ! De la peur, des malades, des morts qui arrivent probablement, des annulations et des fermetures en cascade. Tout ce qui nous réjouit, tout ce qui nous rassemble, n’aura pas lieu.

Le plus dur est de risquer de penser que l’autre est un danger, de culpabiliser les enfants en insinuant qu’ils sont vecteurs et de ne plus pouvoir visiter les personnes âgées de peur de leur faire du mal. Il nous faudra bien de l’énergie, au lendemain de cette crise, pour retisser la confiance et la vie sociale. En attendant téléphonons tant que nous pouvons aux personnes les plus âgées, fragiles, ou isolées ; pensons à nous organiser pour leur faire les courses.

Ultime épreuve : la porte fermée de nos églises. Pour des catholiques, ne plus pouvoir aller à la messe est infiniment douloureux. Instituée par le Christ au soir du Jeudi saint, la messe est la source et le sommet de notre vie chrétienne, car elle est la prière par excellence, personnelle et surtout communautaire. Je vous témoigne évidemment de ma tristesse de ne pas célébrer la messe avec vous, mais je vous assure de la ferveur avec laquelle, ce dimanche et les jours qui suivent, j’ai célébré et célèbrerai la messe pour vous.

Que nous reste-t-il dans notre emploi du temps, après avoir enlevé les voyages, les activités, les sorties, les visites et le sport ? Le soin des enfants et un peu de temps pour la prière.

Il nous faut pouvoir demeurer dans ce Carême et ne pas tomber, par ennui et par angoisse, dans les futilités, la perte de temps, les séries télés ou l’obsession de la breaking news sur les chaînes d’information continue. Nous aurons peut-être du temps supplémentaire et nous devons décider de l’utiliser pour prier, et peut-être aussi pour une bonne lecture spirituelle, pour ce que nous faisons ou devrions faire en carême. Nous sommes bien fragiles, et ce temps de quarantaine forcée nous invite à nous recentrer sur l’essentiel. J’ai toujours pensé que l’effondrement de la foi, dans la deuxième partie du 20ème siècle en Occident, était liée à l’abandon massif de la prière personnelle. Puissions-nous réellement prier pour notre salut à tous et celui des plus faibles, pour prendre et reprendre l’habitude d’une prière quotidienne et ardente !

Que nous reste-t-il dans la vie chrétienne ? La prière.

Père Masquelier

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