A la découverte de l’épicerie solidaire

Tour à tour, les classes de Vignes et de Raynouard vont visiter l’épicerie solidaire de la paroisse Notre-Dame de Grâce de Passy qui a réouvert le 15 janvier dernier. Pour le Carême, tous les écoliers ont été invités à apporter des dons pour l’épicerie. Ce jeudi matin, le 26 mars, c’est le tour des CP bleu.

Les CP bleu s’avancent deux par deux. Ce matin, ils se dirigent vers Notre-Dame de Grâce de Passy. En effet, cette année, pour le carême, les écoliers de Vignes et de Raynouard font des dons pour l’épicerie solidaire de la paroisse, Epi +, et quoi de mieux que d’aller de ce pas, voir ce que vont devenir tous ces dons. Philippe et Catherine, deux bénévoles d’Epi+ vont guider la visite.

« On a fait les courses ensemble »

En entrant, derrière la verrière, les dons, collecte des élèves du primaire, recouvrent toute la table. Les CP bleu n’ont pas apporté leur carton, il est resté dans le bureau de la directrice où il va encore se remplir d’ici la fin du carême. Dans la classe, l’affiche avec les différents produits utiles est bien en vue sur le tableau : du riz, de la sauce tomate, des céréales, du nutella, évidemment, des conserves. Les élèves savent bien énumérer les denrées. Maxime a demandé à son Papa de mettre quelque chose dans un sac et « on a fait les courses ensemble ». Edgar à lui aussi demandé à son Papa : « J’ai expliqué ce que la maîtresse avait dit et on a pris ce qu’on avait dans notre placard ». Victoria a demandé à ses parents : « Ils ont dit que c’était très bien, on avait ce qu’il fallait ». D’autres n’ont pas encore apporté leur collecte. En dehors du carême, « deux fois par an, explique Hector, les bénévoles vont dans un supermarché pour demander des choses à manger ».

C’est dans cette grande pièce, que sont accueillies les personnes qui ont besoin d’être aidées. Elles sont envoyées par la mairie. Ce sont des personnes du quartier dont les revenus sont insuffisants pour subvenir à leurs besoins alimentaires.

Sur les étagères…

Déjà Catherine accompagne un petit groupe d’écoliers dans la partie purement épicerie qui n’est pas très grande. Elle explique que les boites de conserves, chargées sur les étagères qui courent le long des murs, sont proposées à des prix très inférieurs à ceux de ces mêmes produits dans les supermarchés. Ce qui permet aux familles d’acheter ce qui leur faut avec un tout petit budget. Les familles peuvent aussi acheter des produits frais, des fruits, des légumes, des œufs… qui sont livrés le jeudi, avant l’ouverture de l’épicerie. « Pour les bébés, raconte Victoria, c’est gratuit parce que c’est très cher ». Un élève demande s’il peut s’inscrire lui aussi pour venir acheter à Epi+. Catherine répond que non, ses parents n’entrent probablement pas dans la catégorie des personnes qui ont besoin d’une aide alimentaire. Sa réponse ne décourage pas l’élève : « Mes parents non, mais moi ? » Catherine rit de bon cœur, mais est obligée de décevoir l’élève.

Une question de stock

Alors que le groupe de Catherine pénètre dans le stock, Philippe prend la place avec un autre groupe d’écoliers. Tandis qu’il explique le fonctionnement de l’épicerie, un petit élève lève la main avec insistance. Philippe le laisse poser sa question : « J’ai une petite faim, est-ce que je pourrais avoir quelque chose à manger ? » A hauteur des yeux des élèves, de délicieuses tablettes de chocolat leur font de l’œil. Là encore, Philippe donne une réponse qui ne laisse pas grand espoir : tout est réservé aux personnes qui sont dans le besoin.

Ils se dirigent à leur tour vers le stock, véritable caverne d’Alibaba où s’entassent les cartons, les boites de pâtes, de quinoa, de produits pour l’hygiène…, et c’est l’occasion pour Philippe de leur parler des dates de péremption.

Après la visite, deux par deux, tout le monde reprend le chemin de l’école…