Ferme Lubidio : naturellement

Dépaysement assuré pour cette sortie dans le Vexin où les élèves de secondes vont découvrir le fonctionnement d’une exploitation agricole grâce à l’association « Ludibio ». Une journée qu’ils jugent « hyper intéressante » et qui contribue à leur faire découvrir les multiples enjeux des exploitations agricoles. Passionnant.

« C’est comme si on était en labo », explique Maylis, « mais dans la nature ». Elle était, avec les élèves de sa classe de seconde, dans le Vexin ce jeudi 28 mai, à la ferme de Grégoire, pour une sortie scolaire hors du commun. L’exploitation agricole abrite l’association Ludibio. Fondée en 2001, celle-ci conçoit et organise des séjours scientifiques, sportifs, culturels et pédagogiques qui permettent d’illustrer les programmes de l’Education Nationale. Loin du bitume et de Paris, les élèves découvrent la réalité d’une exploitation agricole à l’occasion d’ateliers, de façon « très concrète » comme le soulignent les élèves : « On peut comprendre comment la terre capte les minéraux, on voit vraiment ce qui se passe », constate Marine qui suit avec Maylis la visite.

Sur place dès 9 heures, les élèves sont accueillis pour un petit déjeuner. « Il y avait du jus de pommes, du pain avec de la confiture de pommes. Les fruits venaient de l’exploitation et c’était super bon », raconte Maylis qui semble avoir encore le goût de ces produits sur la langue.

Cultiver et protéger la terre

Les trois classes de secondes sont prises en charge chacune par un animateur qui les conduit sur les différents ateliers répartis sur tout le domaine « dans les champs, dans la forêt, dans les étables », indique Marine. Chaque fois, « on apprend de façon très ludique ». Au fur et à mesure de la visite, « on a un carnet à remplir. On était répartis par classe et pour les ateliers, on était par 4 pour que chacun puisse participer ». Comme par exemple quand les lycéens « carottent » la terre pour comprendre la composition des sols.

« Il s’agit de permettre aux élèves de comprendre le fonctionnement des agrosystèmes, de voir comment fonctionne une exploitation agricole et comment ces agrosystèmes prennent en compte les enjeux actuels de développement durable », explique Domitille Lovery, professeur de SVT qui accompagnait ses élèves. Une exploitation agricole, c’est d’abord un lieu où on produit du lait, du maïs, de la viande, mais elle intègre beaucoup d’autres problématiques : le bien-être animal, la pollution, la santé humaine. « On apprend comment l’exploitant agricole continue à produire avec ces contraintes qui sont de plus en plus exigeantes », poursuit le professeur. « Tout au long de la journée, on apprend comment produire sans détruire », explique Marine, et Maylis ajoute : « On découvre l’agriculture bio, durable et rentable ».

Des ateliers pour comprendre

Au fur et à mesure des ateliers, les élèves remplissent leur carnet. « On a pu voir tous les différents aspects de l’exploitation agricole : les machines, les cultures, l’élevage », explique Maylis. « On a pu par exemple, souligne Marine, sentir, voir, toucher les graines, notamment les graines de lin ». L’accompagnatrice sait capter leur attention : « Elle nous parlait de choses qu’on ne connaissait pas en les rattachant à d’autres qu’on connaissait, et ça prenait tout son sens », reprend Maylis. Marine se souvient aussi : « On a vu les vaches, on a pu les étudier en les voyant ; on s’est arrêté dans la forêt. La marche était sympa malgré la chaleur. Chaque fois l’animatrice posait des questions ». « C’était très interactif, précise Maylis, on était acteurs de la visite ».

Les lycéens sont, par exemple, sensibilisés aux engrais : « Aujourd’hui on ajuste les apports d’engrais en tenant compte des besoins réels de chaque mètre carré de champ, grâce à des données satellite : c’est ce qu’on appelle l’agriculture de précision ! », commente Marine. Mais aussi à la rotation de cultures qui ne puisent pas dans le sol les mêmes minéraux : « avec un avantage : celui de réduire le recours aux insecticides parce que ce mode de culture limite la reproduction des insectes », précise Maylis. « Sur l’exploitation, les décisions, les arbitrages viennent d’eux-mêmes : on choisit en fonction de la composition du terrain, du climat… », précise Domitille Lovery.

Producteur d’énergie

L’exploitation agricole produit sa propre énergie à base de déchets organiques, comme la pulpe des betteraves ou… de bouse de vache ! « Elle est placée dans un méthaniseur pour créer de l’électricité », explique Marine. « Ces déchets organiques produisent suffisamment d’électricité pour les besoins de l’exploitation et même plus : ils en vendent ! », ajoute Maylis.

« On est tous concernés par ces sujets, rappelle Domitille Lovery. On oublie à quel point l’agriculture est la base de tout : l’alimentation, les vêtements, les médicaments, de plus en plus de biocarburants, l’énergie… Le spectre est hyper large et quand on est sur le terrain, les élèves comprennent mieux et retiennent davantage ». Elle ajoute : « Souvent ils se rendent compte que les agriculteurs sont de grands hommes, des vrais chefs d’entreprise, qui ont fait des études, qui ont de vraies décisions stratégiques à prendre ». Pour elle, « ces sorties permettent de semer une petite graine d’intérêt pour l’agronomie et le développement durable ».