Le ravivage de la flamme n’est pas un évènement exceptionnel. Plusieurs fois par semaine, des régiments ou des associations viennent honorer sur ce lieu symbolique, sous l’arche de l’Arc de triomphe, leurs camarades disparus, la plupart morts pour la France. A l’origine, Clémenceau a initié cette tradition nationale en 1920[1], en mémoire des soldats tombés lors du premier conflit mondial. Aujourd’hui, il s’agit d’honorer tous ceux et celles qui ont donné leur vie pour la France.
Beaucoup de jeunes sous l’Arc de triomphe
Mais ce mercredi est assez exceptionnel. Présidé par le général de corps d’armée (R[2]) Bruno Dary et des représentants de l’autorité militaire, le ravivage de la flamme en l’honneur des soldats du 21e RIMA morts pour la France a lieu en présence de près de 200 jeunes : une délégation importante d’élèves de 1ères du lycée militaire naval de Brest, les cadets de la défense du 21e RIMA et 2 classes de défense, l’une d’un collège de Bordeaux et l’autre… de Saint-Jean et de Notre-Dame de Grâce !
« On devait d’abord se mettre en rang et se placer devant l’Arc de triomphe. C’était très bien réglé, une peu comme une chorégraphie », explique Alix. Du haut des Champs-Elysées, la cohorte se met en marche et traverse le rond-point des Champs-Elysées. « A un moment », raconte Mayeul, impressionné, « la circulation a été bloquée pour qu’on passe. Il y avait des touristes qui nous filmaient ». Les différents groupes en présence se mettent en rang autour de la flamme. « C’était un moment très festif, avec tambours et clairons, assez joyeux », poursuit l’élève. « On a chanté la Marseillaise, ajoute Stanislas. On ne la chante pas beaucoup, à part au match de foot. C’était fantastique ». Et puis, « chaque groupe a déposé une gerbe. nous aussi, on était aux côtés des Cadets », raconte à son tour Alix.
Avec une épée
Au moment du ravivage de la flamme, « on fait tourner une plaque avec une épée. C’était un symbole assez fort et impressionnant, on était à deux mètres de la flamme », raconte Mayeul.
A la fin de la cérémonie, « les militaires nous ont serré la main. Comme aux autres. C’est un peu comme si on faisait partie de leur univers », constate Sarah. Pour Clémence, « c’est un moment qui rend hommage à une partie de l’histoire de France, ça avait du sens d’être là ».
Le lendemain matin, les élèves de la classe de défense de Saint-Jean retrouvent les cadets du 21e RIMA pour le petit-déjeuner. Les conversations vont bon train entre les jeunes : « Les cadets sont dans un environnement différent du nôtre. Ils sont de différentes écoles publiques et ils se retrouvent en dehors du collège tous les mercredis et aussi pour des sorties », explique Stanislas, avant la traditionnelle photo où les élèves cette fois se mélangent, sous le regard attentif de la Sainte Vierge.
[1] La tombe du Soldat Inconnu a été placée sous l’Arc de triomphe le 11 novembre 1920.
[2] En quittant le service actif, un général est placé en 2ème section (entre 59 et 61 ans). Il est rappelable jusqu’à 67 ans. Ensuite, il est placé en retraite, mais peut encore être mobilisé pour des mission spécifiques, au service des armées, plus globalement de l’Etat. Plusieurs généraux, dont le général Dary, exerce des fonctions ministérielles ou interministérielles, privés ou associatives à caractère caritatif.