Il est un peu plus de 11h30 ce jeudi 7 mai, quand la voiture de monsieur le gouverneur militaire de Paris, le général de corps d’armée Mizon, s’arrête devant Saint-Jean de Passy. Il rejoint rapidement Madame Lionet, chef d’établissement coordonnateur de Saint-Jean de Passy et Monsieur Redler, le maire du XVIe arrondissement. Dans la cour d’honneur, les élèves de la classe de défense, les capitaines et les délégués de classe, les élèves passant le Concours Nationale de la Résistance et de la Déportation, ainsi que d’autres, collégiens, lycéens ou étudiants, des professeurs et des membres du personnel administratifs sont installés en carrés. Beaucoup de militaires aussi, des marins essentiellement, parents d’élèves ou anciens élèves, des représentants de nos unités marraines, le 1er RPIMa, sont là pour commémorer la victoire du 8 mai 1945.
Souvenir, engagement, liberté
Pour le général Mizon, qui aura une parole forte pour les élèves : « Je ne peux que vous inciter à trouver un engagement qui vous dépasse ! », cette cérémonie est importante d’abord « pour se souvenir du sacrifice de nos aînés ». Grâce à eux, explique le général de corps, « nous vivons en liberté ». Rappelant que la valeur n’attend pas le nombre des années, il souligne l’importance de « se souvenir de l’engagement de garçons et de filles qui avaient l’âge des élèves de Saint-Jean ». Il cite l’exemple de « petit Louis », « 1er résistant dès l’âge de 14 ans et qui sera compagnon de la libération ». Comme lui, « des généraux âgés ont, par leur engagement, contribué à la victoire ». Enfin, se souvenir de cette victoire manifeste aussi un attachement à « une certaine idée de la liberté ».
Comme André Zirnheld
En venant à Saint-Jean de Passy ce matin du 7 mai, il répondait à l’invitation de Saint-Jean souhaitant « venir au contact des communauté éducatives pour promouvoir la cohésion nationale », mais aussi en « hommage à votre Directrice qui fait partie de la réserve et pour son engagement auprès de la jeunesse ». Enfin, il fait part de sa découverte d’André Zirnheld, cet « ancien élève de Saint-Jean », dont il a lu avec intérêt la biographie : « Je ne connaissais que la prière du para et j’ai été frappé par la vie extraordinaire de cet homme, héros de la France libre et des commandos ».
« Nos héros ne sont pas des saints canonisés, dira Madame Lionet au cours de son intervention. Ils étaient des hommes avec leurs forces et leurs fragilités. Mais dans l’épreuve, ils ont trouvé au fond d’eux-mêmes – et peut-être dans leur école – la force de choisir le bien commun au détriment de leur propre vie. C’est cette grandeur que nous honorons ».
« L’histoire n’est pas terminée »
Se plaçant dans le contexte actuel elle ajoutait : « Le monde dans lequel vous grandissez n’est pas pacifié. L’Europe, dont la construction fût pensée comme rempart contre la barbarie, voit de nouveau gronder la guerre à ses frontières. Des peuples souffrent. Des libertés reculent. L’histoire n’est donc pas terminée, car elle ne l’est jamais. Ce que cette commémoration vous demande n’est pas de préparer la guerre. C’est de vous préparer à être des hommes et des femmes attachés à la vérité, à la justice, à la dignité de tout être humain. Des convictions pour lesquelles vos aînés sont morts ».
Deux gerbes sont déposées au pied des plaques qui ornent la cour d’honneur : celle d’André Zirnheld et celle, récemment remise en évidence, des 36 élèves et éducateurs qui donnèrent leur vie pour la France. Titouan Ricaud, professeur d’Histoire Géographie de Saint-Jean, ébauchera l’histoire héroïque de quelques-uns d’entre eux.
Une magnifique cérémonie, très solennelle et émouvante où chacun, élève autant qu’adulte, a pu se plonger dans la mémoire vivante de Saint-Jean de Passy à l’évocation de tous ceux qui ont contribué à faire notre pays.