Cette deuxième édition du Salon littéraire de Saint-Jean de Passy est placée sous le thème exigeant et lumineux de la charité et de ses déclinaisons si profondément humaines : l’amitié et l’amour.
La voie de la charité
La charité, loin d’être une notion abstraite ou simplement morale, est d’une fécondité, avant tout chrétienne, qui traverse pour l’année entière notre établissement. Elle s’exerce par ce regard qui reconnaît la dignité de l’autre. Elle est ce courage d’aimer lorsque tout vacille. Et c’est précisément ce que la littérature explore depuis toujours : la profondeur des liens humains la fragilité des cœurs, la possibilité du pardon, la puissance du don et de la générosité.
C’est ce que nous avons souhaité pour ce salon, qui certes se manifeste dans une école, haut lieu reconnu de la culture, par les talents de nos élèves, mais également pour ce salon qui met à l’honneur le monde littéraire qui compte.
Des voix majeures de la littérature contemporaine
Cette année, nous avons la chance d’accueillir des voix majeures de la littérature contemporaine, dont les publications récentes, notamment celles de la rentrée littéraire 2025, témoignent de la vitalité et de l’audace de notre paysage littéraire.
Nous recevons, entre autres, Adélaïde de Clermont-Tonnerre, dont l’œuvre explore avec une grande acuité les blessures intimes, les fidélités secrètes et la puissance des attaches invisibles. Après le succès du Dernier des nôtres, elle poursuit dans son dernier roman Je voulais vivre, Prix Renaudot 2025. Par le portrait d’une manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme.
Nous accueillons également Louis-Henri de La Rochefoucauld, observateur lucide et souvent ironique de notre époque. Son nouveau roman L’Amour moderne, Prix Interallié, confirme son talent pour scruter les vanités contemporaines, mais aussi pour révéler, sous la satire, la soif d’amour et de reconnaissance qui habite chacun. Louis-Henri de La Rochefoucauld s’inspire de figures réelles, de notre quartier, au cœur du XVIe arrondissement. les mélange, les recompose et les romance pour constituer une savoureuse comédie humaine.
À nos côtés, Alice Ferney poursuit son œuvre magistrale sur la filiation, le couple, la transmission morale et affective. Son dernier livre, Comme en amour, interroge avec finesse la fidélité dans un monde instable. Chez elle, aimer n’est jamais un simple sentiment : c’est une responsabilité, parfois un combat. Son écriture nous montre combien l’amour véritable suppose une forme de dépassement de soi, autrement dit, une authentique charité.
Enfin, Laurence Cossé, par le secret de Sybil, dont l’engagement en faveur d’une littérature exigeante ne se dément pas, nous offre à nouveau, dans sa publication récente, une réflexion sur la liberté intérieure et le courage intellectuel, histoire d’une folle amitié.
De l’intelligence au cœur
Car c’est là un enjeu essentiel, et particulièrement dans un lieu comme le nôtre : affermir, par les auteurs contemporains, l’exploration de la littérature chez les jeunes générations. Leur montrer que la littérature n’est pas un héritage figé, mais une aventure vivante.
Dans sa Lettre sur le rôle de la littérature dans la formation, le pape François écrivait que la littérature aide à « élargir le cœur », qu’elle nous met en contact avec « le drame des autres » et nous apprend à habiter des vies qui ne sont pas les nôtres. Il soulignait que lire des romans développe l’empathie, affine le discernement, forme la liberté intérieure. La littérature, disait-il en substance, n’est pas un divertissement accessoire : elle est une école de profondeur.
Comment ne pas entendre ici un écho direct à notre thème ?
La charité commence peut-être par cette capacité à entrer dans le monde de l’autre. À comprendre sans juger trop vite. À aimer ce qui nous est différent. Or que fait la littérature, sinon nous apprendre ce mouvement intérieur ?
Encourager les jeunes à lire des auteurs contemporains, à dialoguer avec eux, à découvrir des œuvres qui parlent de leur monde, c’est leur donner des outils pour penser, pour ressentir, pour choisir. C’est leur transmettre non seulement un patrimoine, mais une exigence., une manière d’être au monde plus attentive, plus profonde.
Que ce salon soit donc un lieu de rencontre authentique entre les générations. Un lieu où la parole circule, où les livres ouvrent des chemins, où l’intelligence s’unit au cœur. Un lieu où l’amitié intellectuelle devient déjà une forme de charité, comme dans ce club littéraire que nous avons fondé il y a deux ans.
Troisième opus l’année prochaine, vous êtes déjà invités !