Voir Naples

Pour la deuxième année consécutive, les Terminales HLP ont fait leurs valises pour rejoindre Naples. Les lycéens ont un rendez-vous hors du commun avec l’histoire et l’art. Rencontre au cœur d’une ville déroutante.

Alors c’est parti ! Les 12 élèves de la promotion HLP de cette année et leurs deux professeurs se sont envolés pour Naples. Du 26 au 30 mars, juste au tout début de la semaine sainte.

Naples, toute une Histoire

Pourquoi Naples ? L’année dernière, les Terminales HLP (Humanités, Littérature et Philosophie) suggèrent à leur professeur de lettres, Cédric Vanhems, de faire un voyage d’études. Le choix du professeur se fixe sur Naples, une ville italienne surprenante par son ambiance, généreuse et populaire, et « dans un cursus littéraire et artistique, cette ville traverse l’histoire de l’Europe », explique Titouan Ricaud, professeur d’histoire-géographie qui accompagnait les élèves. « On y visite des vestiges gréco-romains à Pompéi, au musée archéologique, dans les catacombes paléochrétiennes mais aussi les richesses du Moyen Âge avec ces églises gothiques comme Santa Charia et San Domenico Maggiore ou encore ces imposants châteaux construits par les princes normands puis par la dynastie Angevine, cousine de nos rois ». Et pour cause, les Français ont occupé la ville entre le XIIe et le XVe siècle !

Naples, c’est aussi le baroque à travers ses palais, d’autres églises, notamment la capella San Severo célèbre pour son splendide Cristo Velato, et une tradition musicale dont le lieu emblématique reste le Teatro di San Carlo, le plus vieil opéra d’Europe. Tous sur leur « 31 », les lycéens de cette année iront y écouter, en grande pompe, le Stabat Mater de Scarlatti, grand compositeur napolitain du XVIIIe siècle.

Les Sept Œuvres de miséricorde

Le voyage aiguise une curiosité de chaque instant chez les élèves. Une curiosité… gourmande : tous les matins, ils prennent leur petit déjeuner sur la route dégustant au vol, mais avec délices, les spécialités de babas au rhum fourrés à la crème, sfogliatella ou fiocchi de neve avant de s’abandonner à la contemplation des merveilles de la ville comme ces œuvres du Caravage qui suscitent d’autres appétits. Une visite annulée et un élève propose de visiter le Pio Monte Della Misericordia. Dans la chapelle de cette œuvre de charité fondée au XVIIe siècle, le Caravage a peint pour orner le maître autel les Sept Œuvres de miséricorde que les élèves goutent pendant de longues minutes. Les deux autres Caravage de la ville, ils les découvriront aux musées de la gallerie d’Italia puis du palais royal de Capodimonte, qui abrite l’une des plus prestigieuses collections de peintures d’Italie.

Le rameau

C’est aussi une ville où la foi est partout : « À chaque coin de rue vous trouvez de petits autels votifs à la Sainte Vierge, à saint Antoine de Padoue, à saint Padre Pio ou à San Gennaro, protecteur de la cité, pour qui les Napolitains ont une grande dévotion », explique le professeur. « Pour la semaine sainte, chaque quartier a sa confrérie qui organise une procession » et les élèves passent de l’une à l’autre. Les Napolitains, vêtus de blanc, de bleu, de rouge, progressent derrière de grandes bannières qui précédent généralement une Madone fleurie montée sur un char. Le tout au son de la fanfare. « Pour la domenica delle palme, nombreux sont les Napolitains, qu’ils soient croyants ou non, qu’ils aillent ou non à la messe, qui se procurent un rameau », raconte Titouan Ricaud. Parfois de façon très particulière : « Ils font descendre un sceau suspendu à une corde de leur fenêtre jusqu’à la rue, poursuit le professeur, charge à celui devant qui il pendra d’y laisser un rameau ! Le sceau remontera alors jusqu’à son propriétaire. ». 

En trompe-l’œil

La ville n’en finit pas de désarçonner : il suffit de passer le porche délabré d’un immeuble dans une rue vétuste pour tomber sur un escalier baroque, des sculptures, des jardins… : « C’est un peu une ville en trompe-l’œil ! », décrit Titouan Ricaud.

Le soir, après le dîner typique dans une trattoria des Quartiers espagnols du cœur historique de Naples, où le groupe a pris ses habitudes, la ville s’anime dans le bruit et les pétarades des feux d’artifices : tout est prétexte pour les déclencher, de la victoire d’un match de foot aux anniversaires. Gare à celui qui vient de s’endormir !